Conakry : les caravaniers du Partenariat de Ouagadougou rencontrent les parties prenantes de la PF

(Guinéeco.info)-Après le Sénégal, la Guinée a reçu, du 12 au 17 avril 2018, la caravane des bailleurs de fonds du partenariat de Ouagadougou. Selon la porte parole des caravaniers,  il était question au cours de cette visite d’échanger avec les parties prenantes sur les  enjeux de la planification familiale en Guinée.

« Cette  rencontre nous a permis de partager des expériences sur les thématiques relatives à l’offre et à la demande en matière de planification familiale, les progrès réalisés au niveau de la Guinée, et aussi enregistrer les défis que la mise en œuvre de la planification familiale ici en guinée », indique Dr Ado Aissa Bouwaye, chargée de la santé Maternelle à l’organisation Ouest Africaine pour la santé (OOAS

Revenant sur les temps forts de cette visite des caravaniers du Partenariat de Ouagadougou,  Dr Ado Aissa Bouwaye évoque la visite de courtoisie à la direction Nationale de la santé familiale, maternelle et nutrition, pour expliquer les objectifs de la visite et les résultats attendus. C’est là que l’agenda a été fixé pour effectuer la caravane sans difficulté. A cette occasion, la porte parole des caravaniers a expliqué au ministre de la santé les démarches faites au niveau de l’ambassade de France.

Selon elle, cette visite avait pour but de faire un plaidoyer auprès de l’ambassadeur de la France pour la planification familiale en Guinée, aussi faire un plaidoyer pour une coordination des activités afin de soutenir les autorités guinéennes dans leurs stratégie de recouvrement de la PF dans le pays.

La caravane a rencontré la société civile guinéenne qui, selon elle, est très engagée pour la planification familiale. « Cette rencontre avec la société civile nous a permis de suivre une présentation de la coalition Nationale de la société civile en PF et suite à cette présentation, des discutions fructueuses ont porté sur le rôle de la coalition des organisations de la société civile pour la PF  et les difficultés qu’elle rencontre sur le terrain, et surtout sur les opportunités à saisir pour la  participation dynamique de la société civile en Guinée pour l’atteinte des objectifs du partenariat de Ouagadougou pour la pf.

A l’issue de cette présentation, beaucoup de questions posées ont suscité des débats qui ont abouti à des recommandations fortes. Il s’agit entre autres de la nécessité de faire des OSC des acteurs majeurs dans la mise en œuvre du plan de repositionnement de la PF dans les 9 pays du PO, d’organiser les OSCs/PF en vue d’une synergie d’action, de renforcer les capacités des OSC, de réaliser un plaidoyer auprès du gouvernement pour rendre gratuits les contraceptifs pour les jeunes, d’organiser des activités de plaidoyer à l’endroit des autorités et des PTF en vue du respect et de la mise en ouvre de leurs engagements respectifs

Pour Mme la Directrice Exécutive de l’Unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou, Mme Fatoumata SY, la caravane des bailleurs du PO de cette année compte élargir les moments d’échanges avec les parties prenantes du PO. Selon, cette caravane offre un moment exceptionnel pour soutenir les pays dans leurs efforts de mise en œuvre des plans nationaux budgétisés,  mais aussi de faire un plaidoyer auprès des autorités pour le respect des engagements.

« M. le ministre, nous sommes dans le Partenariat de Ouagadougou et nous sommes dans la 2ème phase de ce partenariat de Ouagadougou, et cette phase nous l’avons dénommé phase d’accélération, parce qu’à la première phase, qui était d’urgence d’agir, nous avions enregistré d’importants résultats et avions mis en place tout un dispositif qui devrait permettre au pays d’aller plus vite », indique-t-elle.

Pour Mme Sy, cette phase d’accélération (2016 -2020), les 9 pays du partenariat de Ouagadougou se sont donnés comme ambitions de mettre 2 200 000 femmes additionnelles sous méthode moderne de contraception. Et chacun des pays, rappelle-elle, a défini quelle vas être sa contribution dans cet objectif. Pour la Guinée, révèle-elle, il est attendu 188 000 femmes additionnelles entre 2016 et 2020 à mettre sous méthode moderne de contraception. Et le défis pour le pays est de rattraper son retard d’ici la date indiquée afin d’atteindre l’objectif fixé  grâce au plan national budgétisé qui sera bientôt lancé. Ceci lui permettra de prendre en compte les approches à haut impact recommandées par les ministres de la santé des 9 pays du Partenariat de Ouagadougou pour la phase d’accélération 2016 -2020.

En réponse, le ministre de la santé Dr Abdourahmane Diallo, a remercié les caravaniers au nom du chef de l’état et le chef du gouvernement pour leurs actes nobles. Il rappelle que la Guinée, à l’instar de tous les autres pays de la communauté internationale, a souscrit à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030.

Pour ce faire, plusieurs interventions porteuses sont mises en œuvre actuellement en Guinée pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle, néo natale et infanto-juvénile parmi lesquelles, on peut citer: la mise en œuvre de la gratuité des soins obstétricaux dans tout le pays avec des mesures d’accompagnement telles que la dotation des structures sanitaires en kits d’accouchements et kits de césarienne ; la Prise en charge intégrée des maladies de l’enfance et du nouveau-né ; la prise en charge des soins obstétricaux et néonataux d’urgence ; la mise en œuvre des méthodes de planification familiale de longue durée d’action.

Il y aura aussi dans ce paquet, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant ; la vaccination, la consultation prénatale et la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées ainsi que la prise en charge des cas du paludisme.

Selon le ministre de la santé, une amélioration significative entre l’Enquête Démographique Santé 2012 et la dernière Enquête MICS de 2016 avait été observé. Cependant les indicateurs de santé maternelle et infantile restent encore préoccupants et beaucoup d’efforts sont encore à déployer pour améliorer leur niveau.

En effet, explique-t-il, au niveau du ratio de mortalité maternelle on est passé de 724 à 550 décès pour 100 000 naissances vivantes, la mortalité néonatale de 38 à 20 pour 1000 ; naissances vivantes, la mortalité infantile de 67 à 44 pour 1000 naissances vivantes, la mortalité infanto juvénile de 123 à 88 pour 1000 naissances vivantes et, l’indice synthétique de fécondité de 5,7 à 4,8 enfants par femme.

C’est dans ce cadre, souligne Dr Diallo, que le Gouvernement guinéen s’est engagé dans le processus de repositionnement de la planification familiale qui est un outil important pour améliorer la santé des populations et réduire la pauvreté dira t-il.

Selon lui, depuis 2014 un plan stratégique national en Planification Familiale de première génération a été élaboré avec l’appui du Partenariat de Ouagadougou. La mise en œuvre de ce plan, a permis de passer à une prévalence contraceptive de 8 à 11% contrairement au 22% attendus en 2018 comme prévu dans le plan de 2014-2018.

«  Je lance un appel solennel auprès des donateurs pour la revue du plan pour une prise en compte des ado-jeunes et des leaders religieux en vue d’accélérer l’atteinte du dividende démographique, ainsi que leur accompagnement dans la mise en œuvre dudit plan de repositionnement de la Planification Familiale comme stratégie de réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile et de la pauvreté », a conclu le Ministre de la santé

Correspondance spéciale de

Kadiatou Thierno Diallo

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