Corruption : la Guinée à la mauvaise place qu’elle mérite

(Guineeco.info)-La Guinée reste toujours à la mauvaise place qu’elle mérite parmi les pays les plus corrompus dans le monde. C’est du moins ce qui ressort dans nouveau classement de l’indice de perception de la corruption que l’ONG international Transparency International a publié hier mercredi 25 janvier.

Sur 176 pays classés dans le monde, la Guinée pointe à la 142e place, loin derrière le Botswana, le pays africain le mieux placé (35e rang mondial), le Cap-Vert (38e) et l’Ile Maurice (50e). En Afrique, la Guinée est 26e sur 42 pays classés.

Comme presque tous les ans, c’est le Danemark qui arrive en tête de ce classement qui fait autorité dans le monde, suivi de la Nouvelle-Zélande. Et la queue du peloton est occupée par la Somalie (176e), talonnée par le Soudan du Sud (175e) et la Guinée Bissau (168e).

A y regarder de près, la mauvaise place qu’occupe la Guinée dans ce classement de Transparency International reflète bien une certaine réalité du terrain, tant le phénomène de la corruption est perceptible dans le quotidien des Guinéens. Ce fléau, fortement enraciné dans le pays, semble avoir, pourtant, de beaux jours devant lui, du fait d’un manque de volonté politique réelle pour le combattre sérieusement.

En effet, malgré les scandales de corruption supposée ou réelle qui ébranlent l’Etat guinéen au plus haut sommet, rien (ou presque) n’est entrepris pour mettre les personnes physiques ou morales mises en causes hors d’état de nuire. Tout simplement parce que les structures devant jouer ce rôle ne fonctionnent pas. Il en est ainsi de l’ANLC (Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance), une structure étatique rattachée à la Présidence de la République, qui n’est plus que l’ombre même.

L’Etat de délabrement des locaux de cette agence témoigne du peu d’intérêt qu’on lui accorde, surtout depuis la mort de son ancien directeur, Mohamed François Falcone, qui faisait de son mieux pour imprimer un certain respect à sa structure, bien que dépourvue de moyens et de liberté d’action.

Curieusement, même l’Assemblée nationale, dont une des prérogatives est de contrôler l’action gouvernementale, ne fait assez dans la promotion de la bonne gouvernance. Sinon comment expliquer son peu d’empressement quant à l’adoption de la Loi anti-corruption, censée renforcer l’arsenal des textes juridiques réprimant ce phénomène nocif qui gangrène la société guinéenne ?

Or, tout le monde est unanime à dire que la corruption a des effets pervers dans la vie des nations, à cause des inégalités qu’elle crée ici et là. « Dans de trop nombreux pays, les besoins les plus élémentaires des citoyens ne sont pas satisfaits et ces derniers se couchent tous les soirs le ventre vide à cause de la corruption, alors que les puissants et les corrompus jouissent d’un mode de vie somptueux en toute impunité », a indiqué, à juste titre, José Ugaz, président de Transparency International, a l’occasion de la publication du rapport sur l’IPC de cette année.

Bachir Sylla

 

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