Kaba Kourouma, DG d’Afritrans : « Je suis très déçu des Guinéens ! »

(Guinéeco.info)-Dans un entretien à bâtons rompus qu’il a accordé à votre journal économique en ligne, Kaba Kourouma, Directeur Général d’Afritrans, s’exprime sur divers aspects liés à la profession de transitaire en Guinée et à la vie de son entreprise. Celui qui est  premier vice-président de l’Union patronale des commissionnaires agréés et transitaires donne son avis sur les réformes du secteur de la douane guinéenne. Il se prononce également sur accusations d’enrichissement illicite portées contre Toumany Sangaré, l’actuel directeur de la douane. Lisez !

Guinéeco.info : M. Kaba Kourouma, vous le Directeur général de la société Afritrans. Dites-nous, depuis quand vous exercez cette profession de transitaire ?

Kaba Kourouma : Je suis dans le transit depuis 1993. J’ai été le chef transit de la société Donzo Transit pendant huit ans, Directeur-général adjoint de la société Nafa Transit pendant quatre ans. Depuis que je suis rentré en Guinée, en 1992, je n’ai évolué que dans le transit. Avant, j’étais en Côte d’Ivoire. C’est là-bas que j’ai appris la profession de commissionnaire en douane. A mon retour en Guinée, j’ai fait quelques petits séjours à l’intérieur du Port de Conakry au compte de la Compagnie des experts maritimes de Guinée (CEM-Guinée). Entre-temps, M. Abdoulaye Donzo a eu son agrément et il a fait appel à moi pour l’assister.

Guinéeco.info : Comment se porte la profession de transitaire actuellement en Guinée ?

Kaba Kourouma : J’avoue que c’est une profession noble, dans la mesure où le commissionnaire agréé en douane est le trait d’union entre l’administration des douanes, les sociétés de consignation et de manutention et les importateurs, c’est-à-dire les opérateurs économiques. C’est le commissionnaire en douane qu’on commet le dédouanement des marchandises, au nom des importateurs. Donc, il faut être un homme sérieux pour que quelqu’un vous confie son importation, qu’on vous confie les documents commerciaux qui permettent de sortir sa marchandise…Donc, pour exercer cette profession il faut être un homme sérieux. Malheureusement, en Guinée, c’est une profession qui est encore à la traine.

Guinéeco.info : Pourquoi ?

Kaba Kourouma : Ici, le niveau des gens laisse à désirer. Il y en a qui font trois de formation en douane, transit et autres. Mais quand ils viennent vers nous pour des stages, on trouve qu’ils ont un niveau très faible. On arrive quand même à récupérer les bons et on les forme dans la pratique. Avec ceux-ci, on travaille.

Guinéeco.info : Vous avez un personnel important à ce jour dans votre société ?

Kaba Kourouma : Actuellement, j’ai 15 employés qui évoluent à plein temps sur le terrain. A Conakry, j’ai un représentant à l’aéroport et un autre au bureau des colis postaux. Le reste évolue avec moi à la Douane, au Port. Parfois, on envoie des gens au Port de Dapilon et de Katougouma, à Boké.

Guinéeco.info : Vous tournez avec quel chiffre d’affaires ?

Kaba Kourouma : On n’aime pas trop parler de son chiffre d’affaires en Guinée. Rires !

Guinéeco.info : Il a évolué avec le temps ?

Kaba Kourouma : Oui, ça évolue. Mais je préfère ne pas m’aventurer sur les chiffres.

Guinéeco.info : Comment est organisée la profession de transitaire actuellement dans notre pays ?

 Kaba Kourouma : Actuellement, nous avons trois fédérations. Malheureusement ! Je dis malheureusement, parce qu’il devrait y avoir une seule fédération. Mais compte tenu des problèmes d’égo, les gens s’acceptent difficilement en Guinée. Les gens n’aiment pas s’associer. C’est ça le malheur des affaires dans notre pays. Pourtant, de nos jours, si vous regardez un peu partout à travers le monde entier, c’est seulement l’union qui fait avancer. Comme quelqu’un l’a si bien dit : « l’avenir appartient aux grands ensembles. Mais, chez nous, il est très difficile de voir deux Guinéens se donner la main, se fixer un objectif et avancer ensemble.

On avait une seule fédération. Mais compte tenu de la mauvaise gestion des uns et des autres, certains se sont retirés. Comme c’est une profession libérale, chacun est libre de créer ou de s’affilier à l’association de son choix, d’être avec les gens qui lui semblent positifs. C’est pour cela qu’on s’est retrouvés avec trois fédérations. Maintenant, on est en train de se battre pour faire une fusion.

Guinéeco.info : Est-ce que tous ceux qui se disent transitaires appartiennent à l’une des trois fédérations existantes. Ou bien, il y en a qui évoluent dans l’informel ?

Kaba Kourouma : En Guinée, les problèmes sont très difficiles. Vous pouvez voir un importateur qui son neveu ou son cousin à la maison, qui a fait magistrature ou économie-finances, comme il ne trouve pas d’emploi dans son domaine de formation, il lui dit : « Écoute, il y a mon conteneur qui arrive au Port, tiens le dossier, va voir tes amis à la douane, s’ils peuvent le traiter pour toi, tu te débrouilles. » Une façon de se décharger. Il faut l’avouer, on a des commissionnaires en douane qu’on appelle communément bénévoles, qui n’ont pas de marchés, mais à qui on donne des dossiers. On est en train de se battre pour mettre fin à cela. Si cela ne s’arrête pas, la douane aura de problèmes pour gérer les commissionnaires en douane. Parce qu’à partir du moment où vous avez une déclaration en main, vous pouvez aller vous présenter à un douanier. Puisque tout est informatisé, c’est le nom du douanier qui est apposé sur le dossier, il ne peut pas vous refuser, même si vous êtes un « bana bana ». La loi l’oblige à traiter le dossier. On est donc en train de nous battre pour que tout le monde soit enregistré par une société de transit et que les gens cessent de vendre les déclarations.

Guinéeco.info : Votre fédération est affiliée à quel patronat en Guinée ?

Kaba Kourouma : Voilà un problème très sérieux. Comme il y avait une guéguerre entre les différents patronats du pays, nous nous sommes retenus. Actuellement, on a des contacts très avancés avec le Conseil national du patronat guinéen (CNP-Guinée).  Mais, pour le moment, on n’a pas signé notre adhésion à cette structure. Souvent ils nous invitent à des rencontres…

Guinéeco.info : On accuse souvent le gouvernement d’être à la base du bicéphalisme au sein des structures syndicales et patronales guinéennes…

Kaba Kourouma : Je ne veux pas entrer dans ce débat. Mais pour vous donner un peu raison, tout récemment la CPEG (Ndlr : Confédération patronale des entreprises de Guinée) et le Patronat de Guinée ont invité des opérateurs économiques ivoiriens en Guinée. Et nous, dès qu’on a compris qu’ils sont déjà ensemble, automatiquement, on a participé. Et ça s’est bien passé. Parmi les opérateurs économiques ivoiriens qui étaient venus, il y’en avait qui était dans le transit, d’autres dans la manutention. On a eu des débats très fructueux avec eux.

Guinéeco.info : En tant que transitaires vous collaborez sans doute étroitement avec la douane. Quel regard portez-vous, personnellement, sur les réformes du secteur douanier guinéen de ces dernières années ?

Kaba Kourouma : Vous touchez à un point essentiel pour nous. Parce que, quiconque parle de commissionnaire en douane parle de douane. Depuis 2010, il y a eu des réformes titanesques à la douane guinéenne. Or pour faire des réformes en Guinée, il faut être courageux. Les gens n’aiment pas la loi. Et qui dit réformes, dit respect de la loi. Les réformes ne font pas que de bonheur.  Il y en a qui sont contre les réformes, parce que ça ne les arrange pas. Depuis 2010, je ne pense pas s’il y a une administration en Guinée qui a fait comme l’administration de douane en matière de réformes.

Guinéeco.info : Vous faites allusion à quelles réformes par exemple ?

Kaba Kourouma : Tout récemment, la direction générale de la douane a décidé que le paiement des droits et taxes se fasse au niveau des différentes banques de la place. Ce qui n’était pas le cas jusque-là. Je ne sais pas si vous avez souvenance, une fois les commissionnaires en douane, les transitaires se sont retrouvés à la Banque centrale.  On a failli se casser la gueule (excusez-moi du terme) là-bas. On a failli y faire des casses, parce que tout simplement les uns et les autres venaient avec de gros montants en liquide s’asseoir devant les trieuses qui les comptaient un à un.

Cela causait d’énormes dégâts à l’Etat guinéen et c’était une source de corruption. A l’époque, chaque commissionnaire en douane avait un partenaire à la BCRG. C’est donc, sur une décision de l’actuel directeur de la douane qu’on a mis fin à la manipulation de l’argent liquide à la Douane. Il a dit que les gens peuvent désormais payer leurs droits et taxes par chèques de banque, par chèques certifiés ou par virement. Mais plus d’espèces dans la main des commissionnaires ! Vous pensez que ça, ça peut plaire à tout le monde ? Non, il y a eu des mécontents. Les gens aiment manipuler la liquidité. Ce qui est à la fois source de corruption et comporte des risques énormes.

En 2004, on m’a volé 25 millions de Francs Guinéens devant la Douane. Mon client m’avait appelé pour aller prendre l’argent à Madina. J’y vais, je récupère l’argent, je mets dans ma voire. Je viens garer devant la Douane le temps de prendre un document. Avant de sortir, on avait déjà cassé la voiture pour prendre l’argent du client. Je sais ce que ça m’a coûté par la suite. Il y a des commissionnaires en douane qui on fui la Guinée à cause des situations pareilles ; les commerçants leur donnent l’argent, on le leur pique dans leur voiture ou à leur domicile. Eux-mêmes  ils peuvent bouffer.

Guinéeco.info : Y a-t-il d’autres réformes ?

Kaba Kourouma : Evidemment ! Il y a notamment la formation des transitaires et des commissionnaires en douane sur les valeurs transactionnelles, sur le système de dédouanement, sur le TEC (Ndlr : Tarif extérieur commun de la CEDEAO). Nous avons suivi beaucoup de formations et chaque formation est accompagnée d’une attestation que la Direction nationale de la douane délivre au participant.

Tout récemment, on vient de faire le transfert du Sidonia ++ au Sidonia word, le système informatisé le plus performant. Avec un papier de format A4, vous faites déclaration que vous envoyez à la Douane. En 30 minutes, vous avez votre Bon de livraison. Au moment où le douanier est en train de traiter votre dossier, vous pouvez aller pays vos taxes à la banque. Cela fait partie des recommandations de l’organisation mondiale du Commerce pour instaurer la rapidité dans le système de dédouanement. Actuellement, vous pouvez sortir un conteneur en 24 heures.

Le seul goulot d’étranglement qu’on a aujourd’hui, c’est l’engorgement du Port. Le Port de Conakry est trop petit par rapport au volume d’importation. Alors, pour faire entrer les camions, on a des problèmes parce qu’il n’y a pas d’espace dans le Port. Sinon, au niveau de la douane, il n’y a aucun souci.

Guinéeco.info : En dépit de toutes ces réformes que vous avez citées, la Douane a perdu cette année la première place parmi les régies de recettes de l’Etat au profit des impôts…

Kaba Kourouma : Le fait que les impôts soient la première régie financière de l’Etat ne doit pas surprendre et ne doit pas être considéré comme une performance. Dans tous les pays réglementés, la première régie de recettes de l’Etat c’est les impôts. Si la douane a toujours été en tête en Guinée, c’est parce que les impôts ne fonctionnaient pas comme il se doit. Savez-vous que de toutes taxes que la douane perçoit, ce sont les droits de douane seulement qui lui reviennent de droit ? Le reste, c’est essentiellement pour les impôts. La TVA (Ndlr : taxes sur la valeur ajoutée), c’est pour les impôts, les 10% qui sont payés au cordon douanier, c’est pour les impôts…

Guinéeco.info : On a vu récemment sur les réseaux sociaux, plus précisément sur Facebook, des photos d’immeubles, d’hôtels et autres biens qui appartiendraient au directeur national de la Douane, Toumany Sangaré. On l’accuse d’enrichissement illicite…

Kaba Kourouma : Je ne vais pas tellement m’intéresser à ça, parce que…Je vais vous dire quelque chose. J’ai écouté l’Imam de la Grande mosquée Fayçal, El Hadj Mamadou Saliou Camara, sur une radio. Il a dit quelque chose que j’ai écrit. « C’est le Guinéen qui fait détester un bon travailleur dans son bon travail ». Ça, c’est la spécialité du Guinéen, ce qu’on sait faire le plus.

Tout récemment, la Direction générale des douanes a organisé la 23e conférence des directeurs généraux de douanes, avec plus de 130 invités. Et ça été un succès. A cette occasion, l’actuel directeur général de la douane guinéenne a été choisi comme Directeur général adjoint des douanes de l’Afrique occidentale et centrale. Donc, c’est un Guinéen qui va à ce poste. Il sera là dans les prises de décision, que ce soit au niveau de l’Organisation mondiale de douanes, que ce soit à l’Organisation mondiale du commerce, parce que les deux sont intimement liées. C’est en ce moment que les « bons guinéens » profitent pour le salir. Ça nous amène où ?

Moi je suis le transitaire de l’Organisation mondiale de la santé. Pendant l’épidémie d’Ebola, toutes les personnes qu’on fait venir en Guinée pour aider le pays à traverser cette crise, il n’y avait aucun Guinéen. Aucun Guinéen travaillant dans une institution internationale n’est venu ici dans ce cadre.

Guinéeco.info : Qu’est-ce qui explique cela à vos yeux ?

Kaba Kourouma : C’est parce qu’on est nulle part ! Ici, quand quelqu’un veut sortir du lot pour être quelque part, on cherche à l’abattre. Est-ce que c’était le moment de dire que le directeur général de la douane a des villas à gauche et à droite ?

Guinéeco.info : Il n’est pas le seul à être dans ce cas. Il y a d’autres personnalités, notamment l’actuel premier ministre Kassory Fofana, qui sont accusés d’avoir des propriétés mal acquises en Guinée et à l’étranger.

Kaba Kourouma : Je vous dis, c’est ça le Guinéen. Prenez le cas du Premier ministre. Quelqu’un qui vient à peine d’être nommé comme Premier ministre d’un pays.

Guinéeco.info : Les accusations contre Kassory sont antérieures à sa nomination à la Primature, M. Kourouma.

Kaba Kourouma : Peu importe ! Je ne veux pas qu’on personnalise le débat. Je fustige le comportement des Guinéens. Je pense que, quels qu’en soient les problèmes entre vous et moi, si avez la chance d’être porté à la tête de votre association professionnelle des médias au niveau africain ou mondial, je dois taire nos divergences pour vous permettre de représenter dignement la Guinée.

Je connais la probité morale du Directeur général de la douane. C’est maintenant que certains le découvrent. Moi je l’ai connu quand il était un simple agent de douane. Mais depuis son arrivée, il a occupé plusieurs postes, notamment à la Recevabilité où on recevait tous les manifestes des navires. De là-bas, il est allé au Régime économique où on fait les immatriculations IT. Puis il est allé à l’aéroport. Partout où il est passé, il fait des bons résultats. Cela dérangeait les gens, parce que Toumany n’aime pas frauder. Ce garçon, je le connais. Je mets au défit tous les transitaires, tous les importateurs, qu’on me dise un jour qu’a échangé sa signature contre de l’argent.

A un moment donné, Veritas était là et faisait l’inspection des marchandises. Mais malheureusement, Veritas n’était pas partout. Si vous allez en Chine la zone de prédilection des Guinéens c’est Guangzhou. A l’époque Veritas n’était pas représentée là-bas. Elle était à Qingdao. Donc, quand vous allez faire vos achats à Guangzhou, vous faites votre déclaration d’importation sous le contrôle de Veritas. Arrivé là-bas, votre fournisseur vous dit d’attendre. L’inspecteur qui est à Qingdao, on est en communication. Or, ça fait plus de 3000 km entre les deux villes. Il y a un décalage horaire énorme entre ici et là-bas. Ça, ça créait un retard énorme. Toumany a dit que, pour éviter que les commerçants guinéens souffrent dans le système de dédouanement, quand vous faites l’inspection, le rapport d’attestation n’est pas encore arrivé, faites moi une demande, je vous laisse sortir la marchandise. En fonction de vos factures que vous avez transmises à Veritas, s’il y a une différence à payer, vous payez. Cette mesure a soulagé les gens. Mais dans tout groupe, il y a des petits malins et des brebis galeuses. Alors, chaque fois que lui et son adjoint accordaient des soumissions, il y a des transitaires qui s’en servaient pour soutirer de l’argent avec les commerçants. Un jour, il nous a interpellés pour nous dire : « Il y a un commerçant qui est venu signer un dossier chez moi, mais il dit qu’il a donné de l’argent à son transitaire pour que je moi je signe ça ». On a mené des enquêtes, on a trouvé qu’effectivement c’est vrai. Il dit qu’à partir de l’instant, il ne va plus signer pour aucun transitaire. Maintenant, le commerçant qui a son dossier, il me fait la demande, je signe. Vous pouvez demander aux commerçants. On a fait trois mois dans ça. C’est les commerçants qui amenaient maintenant leurs lettres chez le Directeur général de la douane. Et il les signait, contre zéro franc. A partir de là, les commerçants ont compris que les transitaires étaient en train de mentir sur le dos de la douane.

Guinéeco.info : Vous avez sans doute un dernier message pour clore cet entretien

Kaba Kourouma : Ce que je veux lancer comme message, c’est de dire aux Guinéens qu’il faut qu’on apprenne à se respecter. Si vous voyez qu’en Guinée tout le monde traine c’est parce qu’on ne s’aime pas, on ne se respecte pas. Le Guinéen, vous êtes bons ensemble tant que vous souffrez. Mais dès que l’un prend un pas, on cherche l’enterrer. C’est ça le malheur de la Guinée. Dans les autres pays où j’ai été, la vie c’est une question de génération. Ailleurs, les gens s’entraident, mais ici, on s’entretue. On refuse la promotion des Guinéens. Dès que quelqu’un sort la tête, on l’abat. C’est pourquoi on est là, mélangé. On ne sait pas qui est qui, qui fait quoi. Ici, les gens sont capables d’aller aux impôts payer de l’argent pour qu’on te taxe fort, simplement pour t’étouffer…Je suis très déçu des Guinéens !

Propos recueillis par Bachir Sylla

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