La Guinée compte plus 130 000 diabétiques, dont 75% ignorent leur statut

(Guineeco.info)-Les maladies chroniques constituent  l’une des causes de mortalité en Guinée. Parmi ces maladies, il y a le diabète. Selon les statistiques disponibles, le nombre de diabétiques est estimé à 130 000 personnes, dont les  75 % n’ont pas accès au diagnostic ni au traitement.

«En Guinée, il y a environs 130 000 personnes atteintes du diabèteMalheureusement 3/4 de ces diabétiques ne savent pas qu’ils ont cette maladie. Et si vous considérez des personnes qui le savent, près de la moitié des diabétiques n’ont pas accès au traitement. Parmi les gens qui ont accès au traitement, à peu près, c’est le tiers qui est objectif, c’est-à-dire qui ont leur maladie suffisamment contrôlée pour les mettre à l’abri des complications. Donc il un travail immense à faire en termes de diagnostic et de traitement de qualité », explique Pr Naby Baldé, chef service diabétologie au CHU de Donka, dans un entretien accordé à un reporter de #Guineeco.info.

Interrogé sur les causes de cette maladie, le Pr Baldé évoque, entre autres, le bouleversement des habitudes de vie. « Nous avons moins de pratique d’activités physiques, y-a plus de sédentarité, nous avons une alimentation qui est totalement bouleversée, qui apporte trop de sucre, trop de sel… Donc, c’est plusieurs raisons conjuguées, ce n’est pas une seule », souligne-t-il.

Plus loin, il fait remarquer que les diabétiques insulinodépendants sont astreints à s’injecter d’une dose d’insuline deux ou trois par jours, tous les jours, toute leur vie durant. « La Guinée n’avait pas un système de réapprovisionnement continu. Y’avait une nécessité pour les citoyens de s’adresser aux privés. Aujourd’hui ça change. Nous avons un programme d’appui à la santé qui est très articulé tant au niveau central que au niveau des hôpitaux préfectoraux, de service de santé, de service du ministère de DPS et DRS. Tout ça pour renforcer et l’offre du soin aux citoyens », a affirmé Serena Bertaina, Cheffe de la section Santé, à la Délégation de l’Union européenne, à l’occasion de la remise d’un don d’insuline et de stylos pré remplis à la pharmacie centrale de Guinée.

« Je tiens à vous dire que le flacon d’insuline qui tourne aujourd’hui au marché autour de 80 000 GNF, sera désormais acheté à 35 000 GNF à la PCG pour être revendu à 40 000 GNF. Et pour le stylo qui ne se trouvait pas du tout sur le marché guinéen, et qui venait de l’extérieur qui coûté par endroit  400 à 450 000  GNF sera acheté à 87 000 GNF. Quelques soit la volonté qu’on si on n’a pas de médicament de qualité et cout abordable on ne pourra pas arriver », promet, Dr Moussa Konaté directeur de la pharmacie centrale de Guinée.

À l’Assemblée nationale, le président de la commission santé a fait une proposition de loi portant prise en charge des maladies incurable en république de Guinée. Le texte a été renvoyé à la prochaine session ordinaire de l’année prévue dans trois mois. Pour l’instant il est phase d’étude au niveau du gouvernement.

« Nous voyons que 62% de frais médicaux sont prisent en charge par les familles. Et le tau de pauvreté est élevé. Cela y égard la richesse naturelle que dispose le pays. Alors que la constitution exige que les citoyens guinéens soient  pris en charge dans le domaine de la santé. Nous avons vu donc beaucoup de nos concitoyens sont abandonnés à eux-mêmes par ce qu’ils n’ont pas une prise en charge. Non seulement ça augmente la pauvreté dans les familles, ça augmente le taux de mortalité et ça provoque le retard dans le développement socioéconomique de la nation. Alors nous nous sommes dit à l’image d’autres pays, il est important de tout faire pour qu’on intervient en faisant une contribution pour prendre en charge à 100% ces maladies graves chroniques et invalidante  », rappel Dr Ben Youssouf Keita président de la commission santé à l’assemblée nationale.

Le secrétaire général du ministère de la santé s’est prononcé récemment en faveur de la prise en charge des maladies chroniques. Il a de cette façon engagé le département de la santé à faire de cette lutte une priorité dès l’année prochaine.

 « Oui nous l’avons engagé par ce que nous avons vu au regard des statistiques disponibles que ce tout à fait abordable ça peut être pris en charge facilement par le budget du ministère de santé. Et dans le cadre du budget 2020 ce sera une priorité, par ce que naturellement les maladies non transmissibles constituent des priorités qui sont définies dans la politique du budget national », promet, Sékou Condé secrétaire général du ministère de la santé.

Mamoudou Boulléré Diallo.

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