Lettre ouverte au Président du Faso (Par Daouda Emile Ouedraogo)

(Guineeco.info)-Je viens par la présente vous faire part de ma préoccupation. En toute humilité et avec respect, je vous supplie d’arrêter de vendre ma patrie à la France. J’ai été particulièrement sidéré de lire sur la page facebook de l’AIB (Agence d’informations du Burkina Faso) qu’”un consortium français a eu la gestion de l’aéroport de Donsin pour une période de 30 ans” (sic).

 

L’objet de ma lettre est d’attirer votre attention sur le fait que des opérateurs économiques burkinabé pouvaient avoir ce marché en PPP et l’exécuter avec amour, patriotisme et respect intégral des cahiers de charge. Mon constat est ceci: après avoir donné l’exploitation de Sitarail à Bollore (groupe français ) jusqu’en 2050, vous bradez notre économie, sans porter de gants à nos bourreaux d’hier.

Pourquoi? Je n’aime pas écrire sans proposer de solutions alors que je sais pertinemment que vos conseillers sont plus intelligents que moi en matière de gestion et d’économie. Cependant, je prends le risque de plonger ma plume dans ce que je peux dire avec certitude. Nos mines, nos aéroports, notre économie peuvent être gérés par des Burkinabés et par des Africains. Le Botswana en est un exemple. Il produit du diamant en produit fini. Il le vend sur le marché international.

Or, ce n’est pas tout le diamant qui est produit sur place. Ils ont été intelligents pour couper la poire en deux. Alors Roch, pourquoi n’avez vous pas le courage de prendre la décision de protéger notre économie en prenant votre responsabilité? Je suis d’autant déçu que vous êtes économiste. Ce n’est pas encore tard car, l’histoire témoigne toujours des grands hommes qui ont su sacrifier leur poste pour le bonheur de leur peuple.

Vous citez Thomas Sankara, vous arborez fièrement le Faso danfani, ayez le courage de mettre en pratique les idéaux de Thomas Sankara. C’est criminel, (je pèse mes mots) de brader notre pays, de prôner Thom Sank dans le verbe et d’être aux antipodes de ce que Thom Sank aurait fait s’il était à votre place. Il n’est pas encore tard de redresser la barre. Je vous en prie, en terminant cette missive de faire en sorte, que vos discours soit en phase avec vos actes.

J’ose terminer mon propos, en souhaitant que vous écoutiez le cri silencieux de cette jeunesse, qui, petit à petit, se conscientise, s’émancipe et veut prendre ses responsabilités quel que soit le prix à payer. N’oubliez jamais que notre sacrifice est pour les générations futures. Il est pour nos enfants. Et Thomas Sankara disait :”«L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère .» Mes respects

Daouda Emile OUEDRAOGO, journaliste.

 Email: daoudaoued5@gmail.com

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