Trois questions à Dr  Cheick Oumar Touré d’Intrahealth

(Guinéeco.info)-En marge de la 6ème Réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou qui vient de se tenir à Conakry, notre reporter a tendu le micro à Dr Cheick Oumar Touré d’Intrahealth, un des partenaires techniques et financiers qui appuient les pays membres en matière de santé de la reproduction. Voici ses réponses à nos trois questions.  

Guineeco.info : Dr Touré, à quoi a servi l’atelier inter-pays  qu’Intrahealth a organisé récemment à Conakry ?

Dr  Cheick Oumar Touré : L’atelier Inter Pays a été l’occasion de partager les réussites et les leçons apprises y compris les outils et documents pertinents de références tirés des interventions des coalitions des organisations de la société civile dans le processus de repositionnement de la planification familiale dans les Pays membres du Partenariat de OuagadougouO. Cet atelier a été aussi, pour les pays, un cadre d’échange sur les attentes des pays dans le cadre de la mise en œuvre de CS4FP Plus. En plus, l’atelier Inter pays a permis de fournir des orientations stratégiques du projet aux coalitions et de définir les priorités stratégiques pour l’année 2018 en vue d’une meilleure contribution au repositionnement de la planification familiale dans les pays.

Quels sont les  enjeux pour les coalitions et les autres structures que vous sponsorisez?

Nous agissons bien au-delà du sponsoring ; nous avons pour mission principale  le renforcement technique des organisations de la société sivile regroupées au sein des coalitions-pays. Nous les renforçons sur le plan organisationnel, fonctionnel, et même opérationnel. Ainsi nous les soutenons dans la mobilisation des ressources auprès d’autres partenaires techniques et financiers.

Notre vision pour les OSC/PF c’est essentiellement la durabilité, la pérennité des interventions de la société civile. Notre souhait est que ces organisations puissent fonctionner de façon autonome et continuent de jouer leur rôle de contrôle, de soutien ou d’activisme pour faire bouger les barrières pour un meilleur accès des communautés aux services de santé de la reproduction.

Sur le plan organisationnel, nous aidons les coalitions-pays à formaliser leurs cadres de fonctionnement et à assurer une bonne gouvernance. Cela passe par le membership et l’alternance dans la gestion des coalitions. Nous les appuyons aussi dans leur mission de veille par rapports aux engagements-pays en vue du repositionnement de la PF, ainsi que dans le suivi de la mise en œuvre des plans d’action nationaux budgétisés.

La mise en œuvre des programmes et initiatives qui prennent en compte les besoins des jeunes est l’une des priorités des coalitions. C’est pour cela que nous soutenons les coalitions d’OSC/PF dans le plaidoyer pour la mise en œuvre des programmes d’éducation complète  à la sexualité dans les pays, ainsi que le plaidoyer pour l’offre de services de santé de la reproduction adaptés aux Jeunes.

Êtes-vous satisfait de la rencontre de Conakry ?

La réunion annuelle de la coalition de la société civile a permis de faire le point des réalisations des 9  pays. Ma satisfaction, en tant que partenaire technique et financier, est venue du fait que sur leurs plans d’action 80% des ressources ont été mobilisées à l’intérieur du pays à travers les bailleurs de fond, les partenaires technique et financier autres que CS4PF.

Avant, la vision c’était une vision basée sur CS4PF, maintenant on  voit plus large, car il y  a d’autres partenaires comme l’UNFPA, des structures affiliées à IPPF avec les quelles ils peuvent mobiliser les ressources additionnelles.

L’autre satisfaction c’est la vision plus large, au lieu d’avoir une simple coalition des ONGs, des associations, nous avons les jeunes  qui constituent  des moteurs de la coalition au niveau des pays. Avec cette plate forme des ambassadeurs, intégrés avec les coalitions, les activités se mènent de façons concertées.

En plus des jeunes, ils ont aussi ajouté au niveau de chaque pays une plate forme des leaders religieux de plusieurs confessions mais aussi des leaders traditionnels et coutumiers pour les amener dans la discussion aussi à aider la coalition à élargir  sa base de membre. Cela va aider à la prise de décision mais aussi peser sur les décisions publiques. Une coalition forte peut interpeller un directeur de la santé, un ministre de la santé et même la première dame pour exposer des problèmes.

Le troisième volet  concerne le renforcement des capacités internes parce que nous les avons formés en plaidoyer selon l’approche du SMART. Ils ont reçu aussi la formation en tic et medias sociaux, ce qui leur permet aujourd’hui d’être très actifs sur tweeter, sur Facebook, et sur les autres medias sociaux et ils font des animations sur les plateformes digitales que le projet à mis à leur disposition.

Donc notre rôle dans ce projet commence vraiment à s’amenuiser parce que les coalitionscommencent vraiment à rentrer dans leur rôle. Mais des défis de la gouvernance persistent. Nous devons continuer à travailler sur ce chantier parceque nous avons vue des coalitions ou des  présidents qui commencent à s’éterniser. Ils font deux  ou trois  ans à la tête de la coalition. Plus il y a une bonne gouvernance,  plus la coalition reçoit des associations  et plus de membres  vont s’intéresser à la coalition.

Propos recueillis par Kadiatou Thierno Diallo

 

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