Violences sociales: début de semaine meurtrier à Conakry

(Guineeco.info)-Malgré un accord trouvé tard dans la soirée du dimanche dernier entre le gouvernement guinéen et l’intersyndicale de l’éducation (Slecg et Fspe), des violences meurtrières ont éclaté un peu partout à Conakry entre jeunes manifestants et forces de sécurité au début de cette semaine. Selon un bilan officiel, sept personnes ont perdu à la vie, par balles, entre le lundi 20 et mardi 21 février dans la banlieue de Conakry, où on a enregistré une trentaine de blessés. A cela s’ajoutent de nombreux dégâts matériels, notamment le pillage d’une station service essence située près du rond-point de Bambéto, dans la commune de Ratoma.

Les violences du lundi matin sont intervenues alors que l’on s’acheminait allègrement vers la signature, dans l’après-midi, de l’accord qui a mis fin à plus de deux semaines de grève déclenchée par les deux principaux syndicats du système éducatif guinéen. Mais, face au blocage dans les négociations, plusieurs mouvements de la société civile guinéenne avaient déjà appelé à manifester le week-end dernier pour contraindre les autorités à rouvrir les salles de classes et permettre aux élèves et étudiants du pays de reprendre le chemin de l’école.

C’est dans ce contexte tendu que l’artiste Elie Kamano a été arrêté manu militari pour avoir menacé de descendre dans la rue dès lundi matin si aucun accord n’était trouvé. Cette arrestation musclée a provoqué la colère des fans de cet artiste, qui ont grossi les rangs des manifestants dans la folle journée du lundi. De sorte qu’aussi bien sur l’Autoroute Fidel Castro que sur la route « Le Prince », on a enregistré des scènes de violences. Et, une fois n’est pas coutume, même sur l’axe Lambanyi-Kaporo-Taouyah, des barricades ont été érigées ici et là, paralysant ainsi toutes les activités dans la ville.

Signe des temps

Comme à leurs habitudes, les jeunes de l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa se sont particulières illustrés dans les manifestations de ce début de semaine à Conakry en défiant les forces de sécurité dans leurs multiples tentatives de maintenir l’ordre dans la cité. Des jets de pierres contre du gaz lacrymogène et même des tirs à balles réelles ont rythmé le quotidien de ce que les uns appellent « Axe du mal » et les autres « Axe de la démocratie ». Contraints de se terrer chez eux et à fermer leurs commerces et services, les riverains des principaux foyers de tensions dans la capitale ont été pénalisés par les violences qui se sont poursuivis jusqu’à mercredi dernier, date pourtant retenue pour la reprise des cours dans tout le pays.

Mutisme présidentiel

Bien qu’il se soit personnellement impliqué dans les négociations avec les syndicats pour désamorcer la crise qui a paralysé le système éducatif guinéen depuis début février, le Chef de l’Etat guinéen n’a pas jugé utile de s’adresse à la nation à la suite des nombreux morts enregistrés ces derniers. Un mutisme présidentiel que beaucoup de Guinéens ne comprennent pas, surtout de la part de celui qui fait office de président en exercice de l’Union Africaine.

BS      

 

 

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